Oh, boy ! - Marie-Aude Murail

2000 / 207 pages / 690 / L’école des loisirs

« - Mais on le fait le jurement, ou pas ?

- On le fait, dit l’adolescent. Ecoutez, les filles. Sur terre, il y a d’autres Morlevent que nous, je ne sais pas combien. Ce sont nos demi-frères et nos demi-sœurs. Ils sont nés avant nous. Ils sont plus vieux que nous. Vous comprenez ? On DOIT leur confier notre garde.

[…] Le garçon étendit devant lui son poing et dit avec un sérieux surprenant : 

- Les Morlevent ou la mort. »


Ce roman n’est pas récent et pourtant je n’en avais jamais entendu parler. J’ai vu un avis sur un blog dessus et je me suis dit « Pourquoi pas ? ». Encore une fois j’adore la bibliothèque de ma ville car j’ai pu le trouver totalement par hasard dans les rayons ! Je me suis empressée de le prendre et de le lire. Le résumé m’intriguait beaucoup car il me faisait penser aux Désastreuses aventures des orphelins Baudelaire, roman de Daniel Handler. Je n’ai lu que les premiers tomes de cette longue saga, mais j’ai vu le film et la série dont j’ai dévoré il y a peu la saison 2 sur Netflix (je regrette déjà de l’avoir finie si vite). Mais finalement, ce roman s’éloigne beaucoup de la saga de Daniel Handler, et m’a vraiment surpris.

- Résumé -


Siméon, Morgane et Venise Morlevent sont frères et sœurs. Leur père a disparu il y a un an et leur mère s’est suicidée en avalant du Canard WC. Ils sont donc contraints à être envoyé dans un foyer pour orphelins. Ils savent très bien que, s’ils n’agissent pas, ils seront séparés et envoyés dans des familles dispersées. C’est pourquoi ils se jurent de ne jamais se quitter, avec leur serment : « Les Morlevent ou la mort. ».
Ils vont alors tenter de contacter leur famille, en découvrant qu’ils ne sont pas seuls et qu’il reste deux Morlevent vivant en France… Mais voudront-ils bien accueillir tous les trois ? 


- Avis -


Oh, boy ! est un roman assez court et rapide à lire, mais captivant. L’action s’enchaîne très vite et il n’y a alors jamais de temps mort, de moments d’ennui.

Les trois enfants sont assez turbulents et ont toujours leur mot à dire. Mais ils restent touchés par la perte soudaine de leur mère et leur situation bancale. C’est ainsi qu’on passe de la joie à la tristesse facilement. Le début du roman peut être très surprenant : il n’est aucunement question de la peine des enfants face à la mort de leur mère. A la place, l’incipit se concentre sur la promesse qu’impose Siméon à ses sœurs : « Les Morlevent ou la mort », pour qu’ils ne soient jamais séparés. On voit déjà le tempérament assez trempé des petits Morlevent, mais aussi leur jeune âge et la naïveté dont ils font preuve.


Aussi naïfs qu'Alice maybe

Les enfants sont très clichés, et cela m’a, au départ dérangé. Siméon, le surdoué hautain, prêt à passer son baccalauréat à 14 ans, Morgane, la jeune fille timide de 8 ans et première de la classe, et Venise, la petite de 5 ans dont tout le monde rêve. Toutefois, les situations auxquelles les enfants sont confrontées brisent leurs représentations archétypales. Face aux difficultés de la vie, l’intelligence de Siméon ne lui apporte rien et il se laisse abattre quelque fois. La dureté que l’on peut apercevoir derrière ce jeune homme s’envole lorsqu’il se trouve au plus bas. Tout le monde rêve aux premiers abords d’avoir une petite fille comme Venise, mais lorsque l'on observe de plus prêt son caractère, elle se trouve être une petite fille assez vulgaire (mais super attachante à mes yeux tout de même). Morgane peut vaincre sa timidité dans des moments de colère. En outre, ce roman permet d’observer comment la naïveté des enfants se brise face à des événements aussi difficiles que la perte d’un être cher. Mais le roman ne reste pas sur un point aussi tristounet, car il se révèle être super positif. Les enfants ont leurs périodes difficiles mais ils gardent généralement leurs comportements habituelles. Par exemple Venise reste une petite fille super mignonne qui dessine 3 cœurs aux personnes qu’elle aime.

Cette petite me fait penser à Venise qui, comme elle, est super cuuuuute

Le point qui est aussi super important à soulever est le fait que ce roman s’intéresse à des problèmes majeurs de la société : être orphelin, l’abandon d’un père, l’homophobie, la maladie, l’impossibilité à avoir des enfants, la maltraitance d’un mari … On peut se demander comment cela peut être développé dans un livre de 200 pages, mais pourtant, tous ces sujets sont hyper bien développés car ils sont soulevés à travers des personnages les plus touchants les uns que les autres. 

Par contre, la plume de l’auteur ne m’a pas conquise. Le style est parfois un peu trop vulgaire à mon goût. De plus j’ai trouvé les propos homophobes un peu exagérés. Je sais que ce n’est pas l’auteure qui pense les choses qu’elle écrit et décrit, elle veut juste dénoncer les réactions puériles des autres, mais je sais pas, j’ai trouvé ça un peu trop abusif certaines fois. Je pense que les propos pourraient parfois toucher négativement et ainsi vexer les homosexuels, bisexuels, etc. 

Ce livre reste toutefois un roman important, ruisselant de joie et de bonheur mais aussi de tristesse et de critique sur notre monde. Je vous encourage à le lire, c’était une lecture agréable. En plus le roman est vraiment rapide à lire !

- Ma note -


★★★★☆