mardi 27 mars 2018

Voyage au bout de la nuit - Céline


Chronique : Voyage au bout de la nuit de Céline ~


« Faire confiance aux hommes c'est déjà se faire tuer un peu. »

En étant en fac de lettres, je dois lire un grand nombre de livres classiques durant mes semestres. Généralement, ces lectures ne me dérangent pas, et j’en trouvent même certaines plaisantes. Contre toute attente, la lecture de Voyage au bout de la nuit (1952), roman à lire dans le cadre du cours « Lecture du roman », ne m’a pas déplu.

- Résumé -


Ferdinand Bardamu est un jeune français qui se retrouve enrôler dans un régiment lors de la Première Guerre mondiale. Face aux atrocités de la guerre, il plonge dans un réel pessimisme. Au sortir de la guerre, sa noirceur s’étend davantage. Ainsi Céline nous peint un tableau pessimiste de la France au sortir de ce conflit qui a tant marqué les esprits. On retrouve les problèmes de l’incompréhension de la guerre par l’arrière, l’hypocrisie du monde industriel, les difficultés à retrouver une vie cadrée. Ferdinand développe une envie perpétuelle de « foutre le camp ». Il ne réussit pas à retrouver un équilibre social et se perd dans dans différentes villes et continents à travers une multitude de rencontres.

- Mon avis -


Sans artifices ou histoire à suspens Céline nous donne un aperçu concret de la guerre et de ses conséquences. Il trace un portrait cruel des hommes et de la société au sortir de la guerre de 14-18. Ce n’est pas tant un roman sur la guerre – bien que la première partie du roman s’y intéresse surtout – mais plus sur les vices humains et les défauts du monde dans lequel on vit en permanence.
Les personnages sont intéressants du fait qu’ils sont dépeints sous leurs caractéristiques négatifs. Très peu de personnages ne sont dépeints entièrement positivement – si ce n’est une femme que rencontre Ferdinand à un moment. Les vices humains sont parfaitement retranscrits sous la plume de Céline. Les personnages sont généralement détestables, notamment Ferdinand, l’anti-héros du roman. Céline utilise un langage familier qui retranscrit un style oral populaire. Cela permet de renforcer le réalisme des personnages et de la situation de l’époque.
Les histoires se suivent et s’entremêlent, chacune présentant davantage l’image du pessimisme tournant autour de Ferdinand. Mais il faut tout de même avouer qu’il y a une présence d’intrigues trop longues et que le roman aurait été beaucoup mieux avec quelques pages en moins. Je me suis quelquefois ennuyée et je trouvais le temps long durant certains passages. De plus, lorsque l’on connaît les pensées idéologiques nazies de Céline, on ne peut que ressentir un certain dégoût en tenant son œuvre en main. Malgré tout ses idées politiques ne sont pas retranscrites dans ce roman et je ne peux donc pas prendre cela pour compte dans ma notation du livre.
Une lecture avec une critique sociétale intéressante, mais une intrigue parfois trop lente.

- Ma note -

14/20

★★★★

Voyage au bout de la nuit (1952) - Céline - édition Folio - 502 pages.