mercredi 25 avril 2018

Will&Will - John Green et David Levithan

Chronique



Will&Will
- John Green et David Levithan


21 août 2014 / 384 pages / 15€00 / Gallimard Jeunesse


On flashe sur quelqu'un qui ne vous aimera jamais en retour parce qu'il est plus facile de survivre à une déception platonique qu'à une vraie rupture. "



J'ai eu envie de rattraper le retard que j'ai pris ces dernières années sur mes lectures de John Green. Après avoir lue Tortues à l'infini, j'ai décidé de me lancer dans Will&Will, écrit en coopération avec David Levithan. 


- Résumé - 


Will Grayson et Will Grayson sont deux personnes bien distinctes, habitant dans la même ville, à deux bouts différents. Le premier est un lycéen ayant peur de s'attacher aux autres tandis que le second est en dépression et déteste tout le monde mis à part son petit copain virtuel, isaac, qu'il connaît depuis un an mais qu'il n'a jamais rencontré. Quel est la probabilité pour que ces deux adolescents se rencontrent un jour ? A travers un double point de vue, John Green et David Levithan mêlent progressivement le quotidien de ces deux garçons. 




- Mon avis - 


Will&Will nous propose une histoire assez saugrenue et inédite, en racontant l'évolution progressive de deux personnages principaux ayant tous les deux le même prénom et le même nom : Will Grayson. John Green et David Levithan s'occupent tous les deux d'un Will différent en écrivent un chapitre chacun leurs tours. On a alors une alternance entre les deux personnages. Le style des deux auteurs est facilement reconnaissable : l'un écrit " normalement " tandis que l'autre ne met pas de majuscules au début de ses phrases. il écrit comme ça quoi. oui ça fait assez bizarre au départ.  mais on s'y fait vite. bref. 

Les deux plumes sont agréables à lire et enchaînent les événements avec brio. L'écriture est fluide, limpide, et permet de dévoiler les sentiments des personnages. Là-dessus, il n'y a aucun problème, j'ai vraiment aimé les styles de John Green et de David Levithan qui s'accordent très bien. L'alternance des points de vue est, à mon goût, très bien maîtrisée. 

Mais pourtant, je n'ai pas aimé ce roman. L'histoire, le pilier fondamental, ne m'a pas plu. Je n'ai pas eu de mal à finir le roman car j’espérais voir décoller l'action, décrocher un truc croustillant, mais ça n'a pas été le cas. L'intrigue n'a pas de vrai fond ou de réelle importance, il n'y a pas d'enjeu fondamental. 

J'ai plus eu l'impression de me retrouver dans une histoire très clichée de lycéens américains, comme on peut retrouver dans de nombreux livres. Ce roman m'a d'ailleurs fait penser à ma déception ultime, un livre que j'ai presque en horreur, J'ai avalé un arc-en-ciel. Je n'ai pas Will&Will en horreur, il ne faut pas exagérer, mais dans les deux cas, on retrouve une idéalisation du lycée américain et les gros clichés habituels.

Dans Will&Will, on a des personnages pas vraiment attachants et assez oubliables, et encore une fois remplis de clichés. L'univers créé par John Green et David Levithan est beaucoup trop stéréotypé ou simple pour y croire. De plus, on retrouve un grand nombre de  coïncidences excessives. Je n'ai rien contre les coïncidences, elles permettent souvent de faire avancer l'action, mais quand elles sont trop exagérées, je dis : non. 


J'ai toutefois trouvé un personnage intéressant : le second Will Grayson,qui est en dépression. A travers différents événements, il montre que la dépression n'est pas similaire à la déprime, et qu'on ne peut pas dire à un mec dépressif " Oh je comprends, moi aussi j'ai des coups de moue, ça va aller ". Il est intéressant de se pencher sur le sujet des maladies psychiatriques dans la littérature jeunesse afin de les faire comprendre aux plus jeunes.

Les thèmes de l'amour, de l'homosexualité, de l'amitié, de la solitude et de la dépression sont bien traitées, à travers une touche d'humour mais aussi avec un côté parfois dramatique. John Green et David Levithan réussissent à narrer les méandres de l'adolescence avec un côté léger et sobre. Mais l'intrigue, encore une fois, ne m'a pas convaincue, et c'est pourtant l'élément le plus important d'un roman. 

Je crois que depuis que j'ai lu Nos étoiles contraires et La Face cachée de Margo j'en attends trop de John Green. Je reste attachée à sa plume, mais je pense que l'univers est désormais trop enfantin pour moi et je n'aime plus autant sa littérature jeunesse. Les sensations que je ressentais devant ses livres quand j'étais plus jeune se sont évanouies. La curiosité et l'enthousiasme se sont envolés pour laisser place à un certain ennui. J'ai lu trois romans de John Green depuis le début de l'année : Qui es-tu Alaska, Tortues à l'infini et Will&Will. Et pour les trois, j'ai été assez déçue. Je ne les ai pas détesté, mais ce n'était plus pareil qu'avant. 

Je n'ai pas vraiment appréciée cette lecture. Ce n'est pas une déception totale et je n'ai pas haï ce roman, mais c'est une lecture qui me laisse sur un " Bof ... " . Ni horrible à lire ni inoubliable, je n'ai pas aimé l'intrigue de ce roman et les personnages, même si les thématiques abordées sont intéressantes. 

Illustration de mon ressenti

- Ma note -


★★
☆☆☆